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Ali Farka Touré
© BM

Portrait de: Ali Farka Touré

 

Né noble dans une région où la musique est l'affaire de la caste des griots, rien ne destinait le Malien Ali Farka Touré à la carrière qu'il a accompli. Disparu ce mardi 7 mars il restera comme un des grands guitaristes de ce siècle et l'un des plus importants artistes africains.

Ali Farka Touré chantait en 11 langues (Peul, Songhaï, Bambara... ) l'universalité de la musique traditionnelle mandingue . "Pour certains, explique-t-il, Tombouctou est un endroit perdu au bout du monde, mais c'est faux. Je suis de Tombouctou et je peux vous dire que c'est en plein cœur du monde".

Dès les années 50, ce fils de famille noble décide de s'orienter vers la musique, au grand désespoir de ses parents mais gagne sa vie comme chauffeur de taxi et de pirogue. Il apprend d'abord le "gurkel" (guitare traditionnelle africaine), puis le "njarka" (violon populaire). En 1956, lors d'un concert du grand guitariste guinéen Keito Fodeba, il découvre la guitare. C'est une révélation. A partir de là, il va bâtir sa carrière. Dans les années 60, il compose, chante et joue dans la célèbre "Troupe 117", l'une des formations créées par le gouvernement au lendemain de l'indépendance du Mali. Dans les années 70, il produit ses propres enregistrements à "Radio Mali" et les envoie en France pour les diffuser en Europe.

En 1987, il donne son premier concert en Angleterre et enregistre un premier album pour World Circuit. Il enchaîne les années suivantes les tournées en Europe, au Japon et aux Etats-Unis. Entre 1989 et 1993, il enregistre 3 albums "The river", "The source" puis "Talking Timbuktu" avec Ry Cooder qui remporte un Grammy awards. Il investit dans un studio d’enregistrement et une société de production de k7 à Bamako.

A la fin des années 90, le fermier prend le pas sur le musicien, nommé maire de Niafunké il met en place des travaux d’irrigations. En 99, il enregistre "Niafunké" à l’aide d’un studio mobile installé chez lui, le Français Marc Huraux filme ces sessions pour ce qui devient le documentaire "Le miel n'est jamais bon dans une seule bouche". Il se fait rare en Europe, où il présente Afel Bocoum comme son fils spirituel. On le dit désintéressé par la musique et absorbé par ses tâches de paysans. Il lutte en fait contre le cancer.

En 2004, Ali Farka Touré commence à travailler sur un album solo et sollicite le joueur de kora Toumani Diabaté pour un titre. L’accord entre les deux hommes est si évident qu’il en résulte un album entier "In the Heart of the Moon" qui obtient un Grammy awards quelques semaines avant sa disparition en mars 2006. Il laisse derrière lui une œuvre conséquente, dont l’ultime album est attendu dans les prochains mois.

Par ses engagements et ses succès il prouve aux Africains, qu’il peuvent être fiers de leurs racines auxquelles il a donné une place de choix sur la scène musicale internationale.

 

 



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